Femme sereine en périménopause — symptômes et solutions naturelles expliqués par le Dr Rabab Mosbah

Périménopause : symptômes, étapes et solutions naturelles (masterclass du Dr Rabab Mosbah)

Prise de poids inexpliquée, nuits hachées, cycles qui se raccourcissent, humeur en montagnes russes : beaucoup de femmes traversent ces bouleversements sans savoir qu'ils portent un nom. Il s'agit souvent de la périménopause, cette période de transition encore floue pour beaucoup, qui peut débuter dès 35-40 ans et s'étaler sur 8 à 10 ans avant la ménopause.

Pour y voir clair, Sandra, cofondatrice de Be Healthy, a invité le Dr Rabab Mosbah, gynécologue-obstétricienne et chirurgienne (Doc Santé Gynéco), à animer une masterclass dédiée. Au programme : comprendre ce qui se joue côté hormones, reconnaître les symptômes et, surtout, découvrir comment anticiper et agir grâce à une prise en charge globale. Voici l'essentiel de ses conseils.

Revoir l'intégralité de la masterclass du Dr Rabab Mosbah (Doc Santé Gynéco) pour Be Healthy.

Quelques repères

En France, la ménopause concerne environ 14 à 17 millions de femmes, et près de 500 000 femmes y entrent chaque année. L'âge moyen se situe autour de 50 ans (le plus souvent entre 45 et 55 ans). La périménopause, elle, peut s'étaler sur 8 à 10 ans avant cette étape.

Périménopause, ménopause : de quoi parle-t-on exactement ?

La ménopause se définit médicalement par l'arrêt des règles depuis plus de 12 mois consécutifs. La périménopause (autrefois appelée « période de transition ménopausique ») désigne les années qui la précèdent, marquées par des fluctuations hormonales progressives.

La périménopause, ce sont des fluctuations hormonales qui provoquent des symptômes physiques mais aussi psychologiques, et qui peuvent durer 8 à 10 ans. — Dr Rabab Mosbah

Message clé de la gynécologue : il ne s'agit ni d'une maladie ni d'une fatalité, mais d'une étape normale de la vie d'une femme. Et c'est justement parce qu'elle est prévisible qu'on peut l'anticiper.

Un cas qui parle à beaucoup de femmes

Pour illustrer son propos, le Dr Mosbah part d'un cas concret : une patiente de 39 ans, en bonne santé, sans antécédent particulier. Depuis quelques mois, elle observe une prise de poids inexpliquée (sans rien avoir changé à son alimentation ni à son activité), des troubles du sommeil et des cycles qui se raccourcissent, passant de 28-29 à 25 jours.

L'erreur fréquente ? Se dire « je suis trop jeune » ou « mes cycles sont encore réguliers, ce n'est donc pas ça ». Or le diagnostic ne repose jamais sur un seul critère, mais sur un faisceau de symptômes.

Plus de 50 symptômes possibles : apprendre à les reconnaître

La périménopause compterait plus d'une cinquantaine de symptômes. Chaque femme étant unique, ils varient d'une personne à l'autre, mais on peut les regrouper en grandes familles.

Les premiers signes

Cycles qui se raccourcissent, syndrome prémenstruel plus marqué qu'avant, troubles du sommeil (difficultés d'endormissement, réveils nocturnes) et de l'humeur (irritabilité, tristesse, anxiété). Beaucoup de femmes décrivent le sentiment de « ne plus se reconnaître ».

Le syndrome climatérique

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes et palpitations. Ces manifestations sont liées à un dérèglement du centre de thermorégulation situé dans l'hypothalamus : avec la baisse des œstrogènes, une légère variation de température suffit à déclencher une vasodilatation brutale.

Les symptômes plus discrets

Douleurs musculaires et articulaires, troubles digestifs (ballonnements, transit perturbé), sécheresse cutanée et vaginale, baisse de libido, troubles de la concentration. Autant de signes que l'on n'associe pas spontanément aux hormones.

Ce qui se passe côté hormones

Les symptômes suivent souvent un ordre, lié à l'évolution de trois hormones.

Hormone Évolution Symptômes fréquents
Progestérone Baisse précoce Insomnie, anxiété, irritabilité, SPM accentué, cycles courts, rétention d'eau
Œstrogènes Fluctuations (hauts et bas) Règles abondantes et douloureuses, migraines, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, cutanée et oculaire
Testostérone Baisse progressive Baisse de libido, d'énergie et de motivation, douleurs musculaires, chute de cheveux

Pourquoi un tel retentissement ? Parce qu'il existe des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone dans presque tout l'organisme : cerveau, os, muqueuses, métabolisme. La baisse des œstrogènes réduit aussi la production de collagène et d'acide hyaluronique, ce qui explique en partie la sécheresse de la peau.

Et la prise de poids ?

La redistribution des graisses et la résistance à l'insuline qui s'installe expliquent une prise de poids souvent vécue comme « inexpliquée ». Nous lui consacrons un article dédié : ménopause et prise de poids.

Le bilan : comment savoir si c'est bien la périménopause ?

Selon le Dr Mosbah, le diagnostic repose d'abord sur un interrogatoire systématique et un examen clinique, complétés par un bilan biologique. Elle recherche notamment :

  • un bilan hormonal en début de cycle (J3-J5) : FSH, LH, œstradiol et testostérone ;
  • la fonction thyroïdienne ;
  • un bilan glucido-lipidique avec glycémie à jeun, hémoglobine glyquée et recherche de résistance à l'insuline ;
  • la CRP ultrasensible (inflammation) et l'homocystéine (marqueur de risque cardiovasculaire) ;
  • d'éventuelles carences : vitamine D, B9, B12.

Un dosage hormonal donne une photographie à l'instant T : il ne permet pas de prédire la date de la future ménopause, mais d'objectiver les déséquilibres qui s'installent.

Avis médical requis

Ces examens et leur interprétation relèvent d'une consultation médicale. Cet article aide à comprendre, mais ne remplace pas l'avis de votre médecin ou de votre gynécologue.

Agir : une prise en charge globale, pas une solution unique

C'est souvent l'association de plusieurs piliers qui permet d'améliorer la qualité de vie et de diminuer les symptômes gênants. — Dr Rabab Mosbah

La gynécologue insiste sur une approche globale, personnalisée et multidisciplinaire, articulée autour de trois piliers.

Pilier 1 — L'hygiène de vie

C'est le socle, et le plus important. Quatre axes : un sommeil de qualité, une alimentation riche en protéines et en oméga 3, une activité physique régulière et la gestion du stress. Le Dr Mosbah recommande aussi de limiter l'alcool, qu'elle décrit comme un perturbateur endocrinien particulièrement à éviter durant cette période de sensibilité hormonale.

Pilier 2 — La micronutrition

Quand l'alimentation ne suffit plus toujours à couvrir les besoins, certains compléments peuvent soutenir le confort de vie. Voici ceux que la gynécologue évoque, et les solutions correspondantes chez Be Healthy.

Phytoœstrogènes. Étudiés par plusieurs méta-analyses, ils montrent un effet modéré sur le syndrome climatérique (notamment les bouffées de chaleur) par rapport au placebo, généralement sur une cure de 8 à 12 semaines. Be Healthy les propose dans MRS Meno Support.

Précaution importante

Les phytoœstrogènes sont déconseillés en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant (sein notamment) sans avis médical. En parler à son médecin reste indispensable.

Huile d'onagre et de bourrache. À l'image des oméga 3, elle a une action anti-inflammatoire et agit sur le syndrome prémenstruel et la sécheresse cutanée, en synergie avec les phytoœstrogènes : c'est l'objet de Bourrache-Onagre. Pour aller plus loin sur le confort intime, voir notre article sur l'efficacité de la bourrache et de l'onagre sur les sécheresses vaginales.

Oméga 3. Anti-inflammatoires, ils soutiennent l'ovulation et la production de progestérone : Oméga 3. Leur intérêt pour la peau est détaillé dans cet article sur le rôle des oméga 3.

Inositol. Il aide à réguler l'ovulation et la glycémie, particulièrement utile face à la résistance à l'insuline de cette période. On le retrouve dans OVA Support (myo-inositol).

Probiotiques digestifs. Souvent sous-estimés, ils agissent sur l'« estrobolome » : cette flore intestinale qui aide à métaboliser et à éliminer les œstrogènes. Un déséquilibre digestif peut accentuer une « hyperœstrogénie » (règles abondantes, migraines). Les probiotiques agissent aussi sur l'axe intestin-cerveau, l'inflammation et la résistance à l'insuline. Be Healthy propose une formule à 8 souches enrichie en glutamine : Pro Bio Complexe.

Probiotiques intimes. La baisse des œstrogènes fragilise la flore vaginale : sécheresse, mycoses ou infections urinaires à répétition peuvent apparaître. Pro Bio Gyn réunit des souches spécifiques de la sphère intime. Sur ce sujet, voir aussi : pourquoi les infections intimes explosent.

Collagène marin. Il n'agit pas directement sur les hormones, mais des méta-analyses suggèrent une amélioration de l'élasticité et de l'hydratation de la peau ; il est aussi étudié pour les articulations et la densité osseuse. Une piste face à la sécheresse cutanée : Collagène Marin. Pour bien le choisir : collagène marin ou bovin.

Vitamines et minéraux. La vitamine D, la vitamine B6 et le magnésium sont fréquemment recommandés pendant cette période. Le magnésium n'est pas dans la gamme Be Healthy, mais le Dr Mosbah conseille volontiers d'en prendre, en privilégiant une forme bien tolérée.

Pulsions sucrées. Pour les fringales sucrées qui accompagnent parfois les déséquilibres, Boost Slim (chrome et tryptophane) peut apporter un soutien ciblé — sans corriger le déséquilibre hormonal de fond.

Fer. En cas de ferritine basse, un fer bien toléré comme le bisglycinate limite l'inconfort digestif : Boost Fer.

Besoin / symptôme Piste micronutrition Produit Be Healthy
Bouffées de chaleur, syndrome climatérique Phytoœstrogènes (cure 8-12 semaines) MRS Meno Support
SPM, sécheresse cutanée Huile d'onagre & bourrache Bourrache-Onagre
Inflammation, soutien de l'ovulation Oméga 3 Oméga 3
Glycémie, ovulation Inositol OVA Support
Digestion, équilibre des œstrogènes Probiotiques (8 souches) Pro Bio Complexe
Flore intime, confort vaginal Probiotiques intimes Pro Bio Gyn
Sécheresse cutanée, peau & articulations Collagène marin Collagène Marin
Pulsions sucrées Chrome + tryptophane Boost Slim

Le conseil Be Healthy

Inutile de tout prendre en même temps. Mieux vaut cibler 2 ou 3 compléments adaptés à vos symptômes prioritaires, idéalement avec l'avis d'un professionnel de santé. Pour réunir l'essentiel de cette période, découvrez le Pack Ménopause.

Pilier 3 — Les traitements hormonaux (sur prescription)

En périménopause, le Dr Mosbah privilégie souvent un soutien en progestérone en deuxième partie de cycle, car c'est généralement elle qui baisse en premier. À la ménopause, le traitement hormonal (THM) repose sur des hormones bio-identiques (œstrogènes et progestérone). Initié tôt et en l'absence de contre-indication, il apporte des bénéfices sur le syndrome climatérique, la santé osseuse, cardiovasculaire et urogénitale. Ses principales contre-indications sont le cancer du sein et les maladies thromboemboliques.

À distinguer des compléments

Le traitement hormonal est un traitement médical, prescrit et suivi par un médecin, avec des indications et des contre-indications précises. Il ne se confond pas avec les compléments alimentaires et ne relève jamais de l'automédication.

Compléments : combien de temps, et à quel prix ?

C'est une question revenue souvent lors de la masterclass. Les compléments alimentaires ne sont pas remboursés, car ce ne sont pas des médicaments : ils n'ont pas vocation à traiter une maladie, mais à soutenir la qualité de vie. Plusieurs ne se prennent d'ailleurs pas en continu — les probiotiques, par exemple, peuvent se faire en cures de 2 à 3 mois, une à deux fois par an. L'idée est d'écouter son corps et d'avancer par phases.

On ne remplace jamais un avis médical : les compléments sont un relais, une béquille précieuse pendant cette période. — Dr Rabab Mosbah

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on être en périménopause ?

Les premiers déséquilibres peuvent apparaître dès 35 ans, même si c'est plus fréquent vers 37-40 ans. Être en périménopause à cet âge ne signifie pas que la ménopause arrivera tôt : c'est une transition qui peut durer 8 à 10 ans.

La périménopause fait-elle vraiment prendre du poids ?

Oui, et c'est multifactoriel : fluctuations des œstrogènes qui modifient le métabolisme, résistance à l'insuline, possible déséquilibre thyroïdien, inflammation et troubles du sommeil. Le Dr Mosbah rappelle l'importance d'écouter le vécu des femmes plutôt que de le nier. Détails dans notre article ménopause et prise de poids.

Le SOPK augmente-t-il le risque de ménopause précoce ?

Non, pas spécifiquement. En revanche, le SOPK est un facteur de risque cardiovasculaire et métabolique auquel il faut être attentif (glycémie, lipides, tension) au moment de la périménopause.

Peut-on associer compléments alimentaires et traitement hormonal ?

Selon le Dr Mosbah, il n'y a pas de contre-indication à associer les compléments cités à un traitement hormonal — à l'exception des phytoœstrogènes en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant, qui nécessitent un avis médical. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

Qu'appelle-t-on ménopause précoce ?

On parle de ménopause précoce avant 45 ans. Les principaux enjeux sont alors le risque cardiovasculaire et la fragilité osseuse, d'où l'intérêt d'un suivi médical et, souvent, d'une supplémentation adaptée.

En résumé

La périménopause n'est ni une maladie ni une fatalité : c'est une étape que l'on peut anticiper. Vous avez de réelles marges d'action sur votre sommeil, votre alimentation, votre gestion du stress et, en complément, sur la micronutrition. L'essentiel : une approche globale, personnalisée, et un accompagnement par un professionnel de santé. Pour réunir les essentiels de cette transition, découvrez notre Pack Ménopause et l'ensemble de la gamme dédiée à l'équilibre féminin.


Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments : ils ne se substituent ni à une alimentation variée et équilibrée, ni à un suivi médical. En cas de symptômes gênants, de pathologie ou de traitement en cours, consultez un professionnel de santé. Les phytoœstrogènes sont déconseillés en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant sans avis médical.

Sources : Haute Autorité de Santé (HAS), CNGOF, The Menopause Society (NAMS), Vidal, EFSA, PubMed.